Interview Stéphanie Maureau – Reine des Glaces

13/12/2020 | Interviews, Montagne au féminin

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Eh oui la pratique de la montagne et de ses sports n’est pas réservée à une élite masculine, c’est pour cela que sur quelques articles de On n’est pas que des collants on essaye de vous faire découvrir quelques unes des femmes qui composent le milieu des sports outdoor et de montagne, que ce soit des aventurières ordinaires ou des élites de leurs sports.

Voyageons ensemble dans le paysage des pratiques féminines.

Stephanie Maureau interview escalade sur glace

Pour cet article nous allons nous rendre du côté obscur et froid de la pratique de la montagne : le Dry-tooling et l’escalade sur glace.

Qu’est ce que l’escalade sur glace ?

L’escalade sur glace de compétition est issue des pratiques de l’escalade sur cascades de glaces naturelles et du Dry-tooling qui utilisent des piolets et des crampons pour évoluer tantôt sur la glace, tantôt sur le rocher. En compétition, les grimpeurs évoluent sur des structures artificielles composées de glace et de prises spéciales sur un cheminement imposé. La pose de pied se fait comme en escalade sur glace, en frappant avec les pointes des crampons dans la glace ou dans des plaques de bois.

Actuellement discipline de démonstration au JO d’hiver, la cascade de glace, représentée par l’UIAA, pourrait bien devenir un jour sport olympique. Créée avec le soutien de la FFCAM, une équipe nationale composée de 16 athlètes est en charge de représenter la France sur le circuit international de l’IWC.

Si l’on prend les chiffres de cette pratique sportive en compétition, on constate que le nombre d’athlètes est assez faible, nous sommes ici dans un sport de niche. Mais qu’en est-il de la présence féminine dans ce sport réputé pour rassemblé des gros bras et des amateurs de tractions à un bras ?

Les chiffres des compétitions de Dry tooling annoncent 169 compétiteurs dont 56 femmes de 20 pays différents.

Chez les jeunes, si l’on se réfère aux chiffres des championnats du monde jeune de 2016, sur 67 athlètes seulement 19 étaient des femmes.

Selon Peter Bourne de l’UIAA “ l’UIAA à enregistré une augmentation constante de la participation féminine année après année »

stephanie-maureau-cascade-de-glace

Qui sont les filles qui font le dry-tooling français?

Pour  mieux comprendre la pratique féminine d’un tel sport nous commencerons par la présentation de Stéphanie MAUREAU, qui sait truster les podiums de toutes les compétitions de dry tooling auxquelles elle participe, et cela depuis des années même avec un bout de chou en bas âge.

Stéphanie Maureau est connue pour être la première femme guide à intégrer la compagnie des guides de Chamonix, pour elle, la montagne est son métier, et les compétitions d’escalade sur glace son loisir.

Ensuite continuons notre visite du paysage français du dry-tooling avec Coralie Jarry et Marion Thomas les deux sélectionnées pour représenter la France dans les compétitions internationales d’escalade sur glace. La représentation française féminine pèse sur leurs épaules. ( article écrit il y a deux ans)

Portrait de Stéphanie Maureau

stephanie-maureau-cascade-de-glace-portrait

Stéphanie Maureau a longtemps incarné le plus haut-niveau français en matière d’escalade sur glace chez les femmes, partageant cette place avec Liv Sansoz. Elle a tourné sur le circuit des coupes du monde depuis 2001, est a été la française au plus long parcours en compétition.

Venant initialement de la montagne et de l’escalade, elle a commencé à planter les piolets dans les voies de coupes du monde en 2001 sous les couleurs de l’équipe CASSIN, à l’époque où les équipementiers avaient leurs propres équipes rassemblant des athlètes de nationalités différentes. Puis dans les années 2004-2005 le circuit de coupe du monde avec des équipes nationales étant mis en place elle à su terminer chaque année dans le top 3 international. Et cela en menant en parallèle une formation de guide de haute-montagne, qui lui permet actuellement de vivre de la montagne. Elle est revenue cette année avec un enfant de quelque mois en championnat de France où elle a su gagner la première place du podium. Une telle longévité avec de tels résultats cela ne s’invente pas. Mais jusqu’en 2004 l’entraînement est difficile car il n’existe pas en France de structure d’entrainement, ni même de voie spécialisée. C’est par sa pratique de la montagne et de l’escalade qu’elle maintiendra son niveau. Avec des partenaires d’entrainement tel que Jeff Mercier elle s’emploiera à travailler les qualités nécessaires à ce sport tout au long de l’année pour être en forme sur les mois de janvier à février où se concentrent les compétitions.

Stephanie Maureau interview escalade sur glace

Stéphanie Maureau avait été repérée en 2001 par un journaliste : Guillaume Vallot qui a su remarquer ses compétences en escalade et lui proposa de lui trouver des sponsors pour qu’elle s’engage dans les compétitions internationales de dry-tooling. C’est aux côtés de CASSIN qu’elle fera ses armes et terminera 6eme du classement annuel international pour sa première saison. Un résultat qui lui donna des ailes et la motiva pour continuer son entrainement et elle revint en 2001 à la 4eme place de ce même classement, une vocation était née.

En 2011 elle met sa carrière de compétitrice entre parenthèse après la disparition de Chloé Graftiaux, son amie et partenaire d’entrainement. De plus le métier de guide n’est pas forcément complètement compatible avec un entrainement spécifique à la compétition internationale de dry-tooling. Elle continua à réaliser ces dernières années quelques compétitions qu’elles mena à bien, en étant à chaque coup finaliste et souvent dans le top3, mais suivre le circuit des coupes du monde n’était plus dans ses objectifs.

Elle a pu voir aussi l’évolution de la pratique féminine de la discipline sur les années.

« De 2001 à 2003 les filles étaient entre 8 et 9 par compétition voir 15 pour les plus grands rendez-vous »

A partir de l’institutionnalisation de la discipline et une représentativité par pays le nombre de filles n’a cessé d’augmenter sur les compétitions, à partir de 2004 elles étaient environs 25 à tourner sur le circuit international, actuellement en coupe du monde on atteint 40% de filles sur les compétiteurs. En plus de cette augmentation du nombre de pratiquantes le niveau physique et technique a considérablement augmenté.

stephanie-maureau-cascade-de-glace-interview escalade

Pour elle l’intérêt des compétitions de dry-tooling est de pouvoir grimper des voies que l’on ouvre spécialement pour les compétitrices en tenant compte de leur niveau et de leur gabarit

« c’est comme si l’on me faisait un cadeau que l’on m’offrait et que j’essayais. Ne pas arriver à sortir la voie était comme si je ne faisais pas honneur à ce cadeaux ».

Elle explique aussi que ce challenge physique ne ressemblant pas à la montagne qu’elle pratiquait, la ravissait aussi, car elle aimait aller à bout du challenge physique de la compétition et être vidée physiquement à la fin de l’épreuve.

Pour elle la pratique du dry-tooling en compétition correspond à «  un moyen d’aller grimper ailleurs entre copains, sur des structures différentes sur des voies ouvertes pour nous ».

Les conditions nécessaires pour la pratique du dry-tooling en compétition? «  du temps, l’envie de s’amuser, de l’envie et de la volonté. Tout le reste découle de cela ». Comme quoi on imagine toujours que la principale condition nécessaire pour ce sport est d’avoir des gros bras, mais Stéphanie à raison, tout peut se développer pour arriver où l’on souhaite si on le veut vraiment.

Stephanie Maureau interview escalade sur glace

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