Interview Virginie Troussier – -auteur – Pendant que les champs brulent

Aujourd’hui sur le blog nous vous amenons à rencontrer Virginie Troussier auteur de Pendant que les champs brulent aux édition La Découvrance (dont nous vous parlions déjà dans nos conseils de lecture du printemps ). Nous avons vraiment aimé et vibré en lisant les pages de cet ouvrage, nous souhaitions donc vous faire découvrir son auteur.

 

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LIVRE: Pendant que les champs brûlent- Virginie TROUSSIER

Interview de Virginie Troussier

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Virginie, on vous a découverte par le livre autobiographique “pendant  que les champs brûlent” un livre que vous résumeriez comment en quelques lignes?

C’est un livre qui questionne la quête de sensations à travers une échappée géographique et amoureuse. Ce sont de courts chapitres, comme des peintures, qui racontent  ces moments où nous ressentons ce qui nous dépasse. Il est question de tout ce qui consume, de tout ce qui épaissit le sang, de tout ce qui crépite et rend les instants brillants. L’histoire se déroule des sommets alpins aux profondeurs de l’océan.

 

 

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collection: Virginie Troussier

On vous sait originaire du Vercors, pouvez-vous nous décrire un peu votre parcours?

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Ma famille est originaire du plateau matheysin, au-dessus de Grenoble. Nous avons toujours arpenté les montagnes tout autour. Mes parents vivent aujourd’hui en Maurienne où j’y ai passé toute ma scolarité jusqu’au bac. J’ai ensuite fait 2 ans d’hypokhâgne/khâgne à Annecy puis une école de communication/journalisme à Grenoble.

J’ai adoré étudier au cœur des montagnes.

Je me souviens des longues heures à la bibliothèque d’Annecy face au lac, avec vue sur les hauteurs. C’était idéal. J’en ai profité pour continuer le ski alpin en compétition, préparé le monitorat en parallèle, et puis j’ai eu envie d’ailleurs, alors je suis partie terminer mes études au Danemark. A mon retour, je me suis dit qu’il fallait que je vive loin de ce que je connaissais depuis toujours, pour m’enrichir davantage. J’avais pourtant trouvé un emploi qui correspondait à mes attentes, j’allais travailler dans le domaine du sport, mais j’ai finalement préféré sortir de ma zone de confort et de connaissance. J’ai souhaité vivre à Paris aimantée par mon imaginaire littéraire. Paris, c’est comme un lieu d’origine pour les écrivains, qu’on y soit né ou non. Il y a un fort rassemblement d’énergie culturelle. Deux mois après la fin de mes études, j’y étais installée pour mon plus grand plaisir !

 

Ce livre est riche en émotion, en sentiment, souhaitiez-vous par la lecture de ce livre faire ressentir au lecteur les sensations de ces grands espaces que sont la montagne et la mer ?

 

J’avais envie d’écrire un livre très sensoriel, presque physique. Je voulais que le lecteur sente le soleil sur la peau, le vertige des sommets, la glisse sur les vagues, qu’il ait le souffle coupé. Je souhaitais un texte qui sollicite tous les sens, et pas seulement notre intellect. Un écrivain est avant tout un être de chair je crois. Je voulais transmettre des émotions fortes, écrire avec mon corps mais aussi avec la matière : le vent, la mer, la neige. Il me fallait coïncider avec tout ce qui respire.

Le livre devient ensuite un écrin pour la plus sincère des émotions.

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collection: Virginie Troussier

Dans ce livre on se rend compte que les milieux marins et montagnards présentent de grandes similitudes. Comment en êtes-vous venue à la mer ? 

 

Ce fut un peu par hasard. Je venais de passer plusieurs longs mois sans m’aérer, sans sortir de Paris qui peut vous happer facilement dans son effervescence, je travaillais sur un projet de documentaire à France Culture, je devais partir en Norvège skier. La radio a annulé au dernier moment. J’étais anéantie. J’ai eu alors envie de grand air et de nouveauté. Je voulais du bleu pétardant, du mistral violent, de la glisse et un peu de chaleur. Je suis partie seule faire un stage de navigation à Marseille. J’ai très vite été mordue. J’ai retrouvé cette immensité que je chéris tant en montagne et cette confrontation aux éléments naturels. En montagne ou en mer, il n’y a pas de compromis possible. C’est une notion qui m’attire. 

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Dans ce livre on sent que vous savez vous consacrer intensément au moment présent. A l’heure où les gens vivent souvent déconnectés de leur ressenti et de leurs émotions loin de tout danger parfois dans un milieu aseptisé, faut-il y voir une ode au moment présent et aux éléments ? 

 

Tout à fait.

L’instant est fugace, souvent il ne compte pas.

La plupart du temps, nous ne nous occupons pas de lui. Et puis arrive un moment saisissant, magnifique : quand on escalade un rocher, quand on glisse sur les vagues, quand on rencontre quelqu’un, quand on éclate de rire, d’un coup, on ressent physiquement que l’instant n’est pas autre chose que l’éternité. Alors forcément, on prend goût à cela. Dans les sensations très intenses, le temps semble s’arrêter, et laisse la totalité des impressions se cristalliser dans la conscience. Il faut donc aller chercher ce qui nous fait vibrer, ce qui nous passionne et nous anime follement. Et dans la nature, il y a l’idée d’une énergie pulsative. Ce que j’aime, c’est ce sentiment d’appartenir à l’édifice du vivant. Dans la plongée dans l’élément, il y a la dissolution de l’être, de l’identité, dans l’indifférencié d’un ciel, d’un champ de neige, d’une mer agitée. On oscille entre l’unité de soi et l’extraction de soi, deux états à rechercher il me semble.

 

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collection: Virginie Troussier

Aviez-vous eu dans l’idée au moment d’écrire ce livre de chercher à inspirer d’autres femmes ou jeunes filles à se réaliser au travers d’une passion (sportive ou non) ? Ou simplement de tenter de découvrir les immensités de la mer et de la montagne? 

 

Le sport, c’est un révélateur puissant de l’homme, il éclaire les facettes d’une personnalité, il dévoile les aspects cachés, il contribue autant à l’exploration du monde environnant qu’à la découverte de ses propres possibilités. Avec l’exercice des sensations, on fouille l’opacité de nos corps. On explore nos motivations profondes. Les situations fortes évoquent pour moi une recherche instinctive de soi qui passe par l’état brut. Dans le livre, je parle de windsurf, de voile, du ski, de rando…des sports assez intenses. J’ai eu envie d’en parler de manière puissante, de façon picturale et sensitive, pour donner envie de s’y plonger, d’aller chercher tout au bout de soi une réalisation. Et puis, j’ai aimé parler de sport, de la recherche du geste parfait, de la concentration, de l’esthétique, du mental du guerrier. J’y trouve une grâce et je pense que vos lecteurs/lectrices connaissent bien cela. Enfin, si j’ai donné envie aux femmes alpinistes de votre blog de découvrir la mer, alors je serais absolument ravie !

 

 

Si vous pouviez adresser un message à ces jeunes filles ou ces femmes qu’aimeriez-vous leur dire ?

 

Je pense qu’il est nécessaire de s’aventurer hors de soi-même, hors des limites du conformisme. Les limites sont un crime contre l’imagination. Partir à l’aventure, partir en montagne, en mer, sortir de sa zone de confort, c’est franchir la ligne et échapper à la régulation.

J’ai souvent peur quand je pars naviguer en windsurf ou lorsque je pars en montagne. Je crains de ne pas être au niveau, et je pense au danger. Bien sûr, je ne prône pas l’insouciance et je ne fais pas l’éloge du risque suicidaire. Je pense, en revanche, que l’engagement est essentiel, on ne doit pas céder à la peur qui nous prend à la gorge avant l’action. Je crois que la vulnérabilité nous rend plus vivant. En la ressentant partout et davantage, elle accroit notre fort désir de vie. Ensuite, notre liberté c’est de choisir nos exigences.

 

 

On a un petit passage obligé chez On n’est pas que des collants, on demande à ce que les interviewés nous ouvre leur sac. Et vous, que renferme votre sac de montagne ou pour la mer ?

En dehors de l’équipement purement spécifique, j’essaie de m’alléger au maximum, j’ai donc un petit sac commun aux deux pratiques qui contient :

  • une paire de grosses chaussettes de ski,
  • une lampe frontale,
  • un bon bonnet,
  • crème solaire grande protection,
  • des lunettes,
  • un shampoing sec,
  • des petits bouts (ou des petites cordes : le terme n’est pas le même selon l’activité !),
  • un couteau,
  • mon téléphone (qui reste souvent sans réseau en mer ou montagne), je l’utilise juste pour prendre quelques photos,
  • au moins deux livres,
  • des amandes,
  • des raisins secs,
  • une petite bouteille de champagne. (bon, ça c’est un rituel personnel en mer, mais en montagne, ça reste trop lourd !)

 

Merci Virginie Troussier de vous être prêtée au jeu de l’interview.

Un grand merci à vous et longue vie à votre fabuleux blog !

 

Pour suivre Virginie Troussier?

rendez vous sur son blog: blog de Virginie Troussier: les heures insulaires

 

 

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